
Une passoire thermique est un logement énergivore l’hiver, classé F ou G au DPE. Une « bouilloire thermique » est un logement qui surchauffe l’été. Les deux ne se recoupent pas : le DPE mesure surtout la performance de chauffage, pas le confort estival. Après la canicule de juin 2026 — le mois de juin le plus chaud jamais enregistré en France — cette distinction devient centrale pour la valeur d’un logement.
La passoire thermique est une catégorie légale : les classes F et G du DPE, qui mesurent la performance d’hiver (chauffage). Elle déclenche des obligations, dont l’interdiction progressive de location (les logements G sont interdits à la location depuis 2025).
La bouilloire thermique est une notion émergente, sans statut légal. Elle décrit un logement qui accumule la chaleur l’été : dernier étage sous toiture, grandes surfaces vitrées, faible inertie, absence de protections solaires extérieures. Elle est indépendante de l’étiquette énergie : un logement classé A peut parfaitement être une bouilloire.
Le DPE repose sur les degrés-jours de chauffage, et son zonage climatique (H1/H2/H3) classe les départements selon la rigueur de leurs hivers — un découpage inchangé depuis 1989. D’où un effet contre-intuitif : à isolation égale, un logement méditerranéen obtient une meilleure note (hivers doux, donc peu de chauffage), alors même qu’il peut être une bouilloire l’été.
Un indicateur de confort d’été existe dans le DPE depuis 2021, mais il reste limité : il ne mesure que le confort passif, la climatisation n’y est pas prise en compte, et il ne pèse pas sur l’étiquette A-G.
Selon Météo-France, juin 2026 a été le mois de juin le plus chaud jamais mesuré en France (+3,8 °C au-dessus de la normale), avec 72 départements en vigilance rouge — du jamais-vu depuis la création de la vigilance canicule en 2004.
Fait notable : la chaleur a frappé le Nord, l’Ouest et le Centre, c’est-à-dire les zones que le DPE considère comme « froides ». Les départements méditerranéens — la zone « chaude » H3 du DPE — n’étaient qu’en vigilance jaune ou orange. La géographie de la chaleur estivale n’épouse pas celle du DPE.

À gauche, les zones climatiques du DPE (fondées sur la rigueur de l’hiver) ; à droite, la vigilance canicule de Météo-France au 25 juin 2026 (72 départements en rouge, 14 en orange, 10 en jaune). Sources : zonage DPE ; Météo-France.
Côté marché, La Vigie de GoFlint observe que la décote des passoires suit la tension locale, pas l’exposition à la chaleur : elle est forte dans les campagnes détendues, faible dans les métropoles et sur le littoral tendus. Le marché price le chauffage — pas encore la surchauffe.
Une étude Pouget Consultants pour IGNES (juin 2026), portant sur 8,9 millions de DPE de la base ADEME, estime qu’environ 1 logement sur 10 seulement atteint un « bon » confort d’été, et près d’un sur deux est jugé « insuffisant ». Le ministre du Logement l’a résumé ainsi : « 9 logements sur 10 ont un confort d’été moyen ou insuffisant et 1 sur 3 est une bouilloire thermique. »
Le paradoxe vaut jusque parmi les mieux notés : environ un logement classé A sur trois est exposé à la surchauffe estivale, le plus souvent faute de protections solaires extérieures.
Juin 2026 : mois de juin le plus chaud jamais mesuré (+3,8 °C), 72 départements en vigilance rouge. Pourtant, la zone « chaude » du DPE (pourtour méditerranéen) n’était pas la plus alertée. Sources : Météo-France ; La Vigie de GoFlint.
La directive européenne EPBD (2024) fait entrer le « risque de surchauffe » dans le certificat de performance énergétique. En France, le PNACC-3 (mars 2025, mesure 9) prévoit d’améliorer l’indicateur de confort d’été du DPE, en s’inspirant du Degré-Heure de la RE2020 (aujourd’hui réservé au neuf) et en tenant compte de la localisation. À mi-2026, toutefois, aucune réforme n’est encore adoptée : l’intégration pleine du confort d’été au DPE reste à l’étude.
Non. Ce sont deux choses différentes. Certaines passoires anciennes en pierre, à forte inertie, restent fraîches l’été, tandis que des logements récents classés A, très vitrés, peuvent surchauffer.
Partiellement. Un indicateur de confort d’été existe depuis 2021, mais il ne mesure que le passif (la climatisation n’y compte pas) et n’influence pas l’étiquette A-G.
Parce que le DPE est fondé sur les besoins de chauffage : dans les régions à hiver doux, ces besoins sont faibles, ce qui améliore la note — indépendamment du confort d’été.
Non pour l’indicateur de confort d’été, qui ne juge que le passif. Une pompe à chaleur réversible peut en revanche améliorer l’étiquette énergétique globale.
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La Vigie de GoFlint suit chaque trimestre les prix immobiliers par étiquette DPE, sur 1 137 558 biens et 96 départements. Explorez les données par territoire sur vigie.goflint.fr.
Source : La Vigie de GoFlint, T1-2026 (1 137 558 biens, 96 départements). Prix attendus, frais d’agence inclus (FAI). Données externes : Météo-France (bilan de juin 2026) ; Pouget Consultants / IGNES (juin 2026) ; directive (UE) 2024/1275 ; PNACC-3 (mars 2025).